Résilier ou périr

Résilier ou périr

Dans un précédent « épisode », je vous faisais part de ma certitude d’un effondrement à venir et de mon intuition que cela se ferait de votre vivant, vous qui me lisez. Ce dernier sentiment, terrible, s’appuie, en particulier, sur le modèle mathématique de Meadows qui dès 1972 alertait d’un risque majeur de déclin de la population dès 2030. Modèle mathématique que 40 ans de « business as usual » n’ont pas contredit.

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Schéma du modèle mathématique World3 dit de Meadows développé par Donella Meadows, Dennis Meadows,Jørgen Randers et al. pour le Club de Rome (1972).

Quoique je vous en ai averti dans l’article en lien, je le redis : ce n’est pas un motif de profonde mélancolie pour moi. Pour paraphraser Dmitry Orlov — que je citerai à nouveau un peu plus loin — l’effondrement peut être une retraite bien pensée plutôt qu’une méchante déroute ! yes myopera smiley

Quoiqu’il en soit, c’est un appel à l’action et à la résilience : résilier plutôt que périr, renoncer, lâcher prise plutôt que mourir.

Ici, donc, j’ai envie à la fois de m’amuser et d’être sérieux. Je vous propose un récit totalement fictionnel, guidé par mes lectures et mon expérience, pour imaginer un monde de demain probable et voir ce que cela implique quant à mon métier de co-concepteur de bâtiments. Accrochez-vous, on va prendre 15 ans dans le nez, d’un coup !

Ah oui mais non, attendez … wait myopera smiley Il nous manque quelques savoirs de base. C’est bien beau de philosopher mais sans connaissance scientifique, ce n’est que de la masturbation intellectuelle à la Moix noix. Si « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », la conscience sans science n’a que peu d’intérêt. À ce compte-là, on pourrait encore, sinon, imaginer l’Homme au Centre de l’Univers et discutailler des conséquences d’une telle Chance.

Revenons d’abord sur Dmitri Orlov, Дмитрий Орлов pour les russophones de passage. Témoin ayant vécu l’effondrement de l’URSS dans sa chair, il avance qu’il y a 5 types d’effondrement. Je sais, Jared Diamond voit, lui, 5 causes d’effondrement des civilisations, décidément le 5 est le chiffre fétiche des collapsologues. Quand on sait que la psychiatrie reconnaît 5 stades émotionnels par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine (déni, colère, négociation, dépression, acceptation), ça met le moral, encore… rip myopera smiley

Voici donc ces 5 stades, librement traduit depuis le billet de son inventeur, dans l’ordre d’occurrence et de gravité :

Stade 1: l’effondrement financier. Le «business as usual» ne convainc plus. Devant l’incapacité à imaginer le futur à partir des expériences passées, le risque devient impossible à évaluer et les actifs financiers ne sont plus garantis. Les institutions financières deviennent insolvables et l’accès au capital est perdu.

Stade 2: l’effondrement économique. On perd la confiance dans les lois du marché. Les monnaies sont dévaluées, l’argent se raréfie, on stocke les produits de première nécessité, les importations chutent, les magasins manquent de tout et la pénurie s’installe.

Stade 3: l’effondrement politique. On ne croit plus en l’état protecteur. Devant l’incapacité des dirigeants à assurer les besoins de sa population, le système politique en place perd toute légitimité.

Stade 4: l’effondrement social. La confiance dans la communauté proche est ruinée. Les organisations locales, qui tentent de limiter les dégâts, échouent à maintenir la cohésion sociale.

Stade 5: l’effondrement culturel. La foi en l’humanité est perdue. Les gens perdent leur capacité de « bonté, la générosité, la considération, l’affection, l’honnêteté, l’hospitalité, la compassion, la charité » (Turnbull, The Mountain People). Les familles se dissolvent et se font concurrence en tant qu’individus pour des ressources rares. La nouvelle devise devient «Puissiez-vous mourir aujourd’hui pour que je ne meures que demain » (Soljenitsyne, L’Archipel du Goulag).

Hum… Oui, allez prendre votre Prozac et on reprend…

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Il y a une autre base théorique que j’aimerais vous soumettre. Comme je vous le disais, le modèle Meadows est un argument qui me parait convaincant. Mais ce n’est pas le seul modèle mathématique d’effondrement civilisationnel. Un autre modèle a fait grand bruit, c’est le Human and nature dynamics (HANDY) de 2014.

Ses auteurs sont partis d’une modélisation prédateur-proie (amusez-vous donc ici à créer la vôtre !), classique en zoologie, à laquelle ils ont ajouté des variables de richesse accumulée et d’inégalité économique. Si on retrouve la capacité de charge de l’environnement (paramètre Nature), l’originalité de ce modèle est de prendre en compte l’existence, évidente de fait, de « la stratification économique de la société entre élites et masses » (variables Elites et Commoners). Selon Diamond et d’autres, c’est la cause, prévalente et démontrée, de le chute des empires romains et mayas.

Les chercheurs ont, bien sûr, testé l’évolution de plusieurs variantes de leur société fictive, mais la variante Unequal Society — qui suppose simplement une consommation κ fois plus élevée des élites par rapport aux masses — est, de leur propre aveu, le meilleur reflet de notre monde d’aujourd’hui.

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Résultats du modèle HANDY avec une société où la consommation des élites est très largement supérieure à celle des masses (facteur κ = 100)
a) Société inéquitable – Effondrement de type L (pénurie de main d’œuvre) : l’effondrement de la population fait suite à un équilibre apparent dû à une faible population initiale des élites. Ce scénario montre un itinéraire original d’implosion où la Nature finit par se reconstituer alors que la population humaine non.
b) Société inéquitable – Effondrement complet irréversible de type N : l’effondrement, rapide et complet (sans récupération possible) est la conséquence d’une déplétion excessive des ressources naturelles et de la forte stratification économique.

Il y apparaît, avec une palpabilité dérangeante, que l’effondrement est inévitable dans ces conditions (les auteurs démontrent, plus loin, que « l’inégalité doit être fortement réduite et la démographie maintenue en dessous d’un seuil critique pour éviter un effondrement »).

Plus intéressant encore, le premier scénario laisse s’installer un développement « durable » de près de 150 ans mais il est suivi, malgré tout, par un effondrement total : masses comme élites disparaissent, quoique ces dernières connaissent un essor extravagant durant le déclin des masses. Ici, ce n’est pas la mise en surcharge des capacités naturelles qui cause directement l’effondrement — la Nature se reconstitue — mais la pénurie de travailleurs soumis aux famines. Souvenez-vous de la crise alimentaire mondiale de 2007-2008 pour comprendre cet effondrement de type L, comme Labeur. Ce n’est seulement qu’en cas de déplétion des ressources plus rapide que l’effondrement est de type N, la Nature est alors en incapacité de se régénérer.

En résumé, si les inégalités sont fortes, l’effondrement est inévitable même si notre empreinte environnementale ne met pas totalement à terre les capacités de régénération naturelle !

Dans les deux cas, les élites bénéficient d’un effet salvateur, quoique pernicieux : leur plus grande accumulation de richesses les met à l’abri, un temps seulement, du déclin. Pire, lorsque le développement semble soutenable, les élites connaissent un essor aussi prodigieux que leur chute est rapide.

« Alors que certains membres de la société pourraient alerter d’un effondrement imminent et donc préconiser des changements structurels de la société pour éviter cela, les élites et leurs partisans, opposés à ces changements, pourraient indiquer la trajectoire jusqu’alors durable pour inviter à ne rien changer. »

Human and nature dynamics (HANDY): Modeling inequality and use of resources in the collapse or sustainability of societies – Discussion of Results

Voilà, il me semblait important de poser le contexte théorique en terme social. Alors que dans le billet sur le développement durable, je voulais vous démontrer la fatalité physique, ici je veux vous plonger dans une romance qui nécessite d’imaginer nos réponses grégaires.

Nous voici donc entre 2020 et 2030. J’ai plus de douleurs rhumatismales qu’aujourd’hui, je trouve la jeunesse sans doute désespérante et, quant à nos politiques publiques, je radote que je vous l’avez bien dit en 2016, et même avant, na ! irked myopera smiley

Fortuitement, j’ai poursuivi mon activité professionnelle, avec des hauts et des bas, des années fastes mais l’amertume constante de ne pas avoir su convaincre bien loin.

Le 11 novembre 2022, on a eu notre Vendredi Noir, avec deux semaines d’avance par rapport à Thanksgiving. J’ai toujours préféré la Vie à la Bourse alors je ne suis pas sûr de bien vous raconter tout ça. C’était, à nouveau, une histoire de banques, le renflouement des années 2010 ne leur avait pas servi de leçons, elles avaient repris leurs vieilles habitudes alors même que les entreprises n’avaient jamais réussi, réellement, à remonter le pente depuis la crise des subprimes.

Cette fois-ci, les états, plus populistes que jamais, ne parvinrent pas à renflouer les usurières, faute d’accord, faute de solidité économique. Il suffit de quelques semaines pour que le marché noir imposa ses lois plutôt que le Dow Jones ou le CAC40. Les politiques eurent beau se taire, vociférer ou même pleurer, on sentit que le divorce était consommé.

Je me souviens que ce jour-là, je travaillais sur une vieille lubie : la résilience des bâtiments. J’avais ressorti un article poussiéreux de mon blog que je n’avais jamais osé publier en ligne. Je l’avais trouvé trop social, limite gaucho, non vraiment, il ne pouvait pas me faire gagner de clients !

Il partait d’un constat simple : physiquement, nous étions condamnés, intuitivement, cela n’allait pas tarder, socialement, cela allait faire mal. À l’époque, je n’avais pas osé écrire que si un modèle donnait une tendance, il n’intégrait pas la capacité à la violence de notre espèce.

J’étais donc à mon bureau avec mon archaïque clavier filaire. J’avais eu l’idée d’imaginer un futur qui n’allait pas tarder et de comparer, à l’aide de bonnes vieilles STD, la résilience de deux bâtiments. Que je vous explique !

Ma définition était simple : un bâtiment résilient est un bâtiment à même de renoncer à des services énergétiques sans générer d’inconfort insupportable. Prenons donc deux bâtiments et regardons ce qu’il se passe si, en plus des tarifs conséquents que nous connaissons déjà, ces derniers subissent des modulations horaires et que les coupures deviennent une réalité de tous les jours.

Est-ce que cela vous intéresse que je vous raconte ? Oui ?! Non parce que c’est du boulot quand même, vous savez…

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Pourquoi je ne crois pas au développement durable

Pourquoi je ne crois pas au développement durable

Je vous demande un petit effort d’imagination: une musique lourde et puissante, genre « La chevauchée des Walkyries », tiens, par exemple ; des paysages grandioses et, là, une grosse voix : « Dépassez vos limites ! ».

Ah ben, voilà, on y est ! J’abhorre cette phrase idiote. Des limites, ça ne se dépasse pas sinon ce ne sont tout bêtement pas des limites. C’est comme l’horizon, c’est une ligne virtuelle vers laquelle on peut se diriger mais qu’on n’atteindra jamais. Inutile de négocier, c’est un fatum, une fatalité inéluctable.

Disons-le dès maintenant, reconnaître cet état de fait, ce n’est pas être ni pessimiste ni fataliste mais simplement réaliste : il y a des choses irrévocables et inévitables, le notion de limite en fait partie : « MATH. Valeur dont une grandeur peut s’approcher sans jamais l’atteindre. »

Vous allez me dire, je chipote. Non, non, non, il est essentiel d’admettre cet état de fait. Parce que cela a des conséquences majeures sur notre vision du monde. Être dans le déni nous maintient dans l’immobilisme. Il a fallu quelque chose comme une décennie de débats pour admettre la finitude de notre planète, elle est un système borné avec des limites finies (= des ressources qui ne sont pas infinies). Laisser croire que les limites sont dépassables, c’est être incapable de comprendre l’équation du nénufar ci-dessous :

Imaginons un nénuphar planté dans un grand lac qui aurait la propriété héréditaire de produire, chaque jour, un autre nénuphar. Au bout de trente jours, la totalité du lac est couverte et l’espèce meurt étouffée, privée d’espace et de nourriture. Question : Au bout de combien de jours les nénuphars vont-ils couvrir la moitié du lac ? Réponse : non pas 15 jours, comme on pourrait le penser un peu hâtivement, mais bien 29 jours, c’est-à-dire la veille, puisque le double est obtenu chaque jour. Si nous étions l’un de ces nénuphars, à quel moment aurions-nous conscience que l’on s’apprête à manquer d’espace ? Au bout du 24ème jour, 97% de la surface du lac est encore disponible et nous n’imaginons probablement pas la catastrophe qui se prépare et pourtant nous sommes à moins d’une semaine de l’extinction de l’espèce…Et si un nénuphar particulièrement vigilant commençait à s’inquiéter le 27ème jour et lançait un programme de recherche de nouveaux espaces, et que le 29ème jour, trois nouveaux lacs étaient découverts, quadruplant ainsi l’espace disponible ? Et bien, l’espèce disparaîtrait au bout du … 32ème jour !

Texte d’A. Jacquard , L’Equation du nénuphar, Calmann-Lévy, 1998 cité dans N. Ridoux, La Décroissance pour tous, Parangon (2006).

Oui, je sais, vous avez beau relire le texte plusieurs fois, il reste, même pour les plus doués en mathématiques, empreint d’un mystère incompréhensible. Les suites dites géométriques et les évolutions en exponentielle associées ne sont pas intuitives, notre cerveau n’est pas conçu pour les appréhender aisément, on est obligé de poser tout ça sur papier. Plus que contre-intuitive, on a là une croissance effrayante puisqu’on ne se rend pas compte du danger dans un système fermé où l’exponentielle n’a pas la loisir de tendre vers l’infini.

Bon, alors, attendez, limite, exponentielle, danger, où veux-je en venir ? Sommes-nous en danger du fait de croissances exponentielles ?

Jugez par vous même !

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Notes: “Socio-Economic Trends” and “Earth System Trends” charts (above) created by R. Jamil Jonna based on data in Will Steffen, Wendy Broadgate, Lisa Deutsch, Owen Gaffney, and Cornelia Ludwig, “The Trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration,”Anthropocene Review 2, no. 1 (April 2015): 81–98.

Tout le monde connaît la célèbre phrase « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » attribuée à Lavoisier. Voilà une autre fatalité ! En ce qui concerne nos ressources, cette maxime est fort intéressante. Elle rend compte en particulier de l’entropie, soit le fait qu’il n’existe aucune transformation sans qu’il n’y ait de pertes, et même souvent, beaucoup de pertes.

Les tendances socio-économiques (« SOCIO-ECONOMIC TRENDS ») présentées ci-dessus sont les transformations que notre société industrielle engendre, de façon volontaire, dans une idée progressiste. Les évolutions du système fermé (sauf pour l’énergie solaire) Terre (« EARTH SYSTEM TRENDS ») découlent des pertes induites, de la création entropique. Des dommages collatéraux, si vous voulez.

Or, il apparaît clairement que les croissances exponentielles des premières courbes ont pour conséquence des croissances pseudo-exponentielles des secondes. Inutile de nier, nous avons là aussi affaire à un fatum, celui de Lavoisier. Tant que l’énergie se dissipera, tant que le mouvement perpétuel restera une impossibilité physique, nos croissances exponentielles seront associées à des croissances exponentielles « naturelles ».

Si, comme tout le monde aujourd’hui, vous admettez la finitude de notre planète et que vous ne réfutez pas les courbes précédentes, alors c’est un truisme que de conclure que, comme les nénuphars d’Albert Jacquard, nous allons à la catastrophe. Sauf à … ralentir ! whistle myopera smiley

Vous allez rire, mais ralentir n’est pas une option ni même une bonne résolution que nous devrions prendre, c’est aussi, je vous le donne en mille, un fatum ! De gré ou de force, nous allons ralentir, c’est aussi une loi physique, liée à la théorie des bifurcations. Il est d’ailleurs amusant de constater que les informaticiens aussi se plaignent de la mauvaise intégration des limites physiques dans l’innovation :

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Étudiant, j’ai travaillé sur les coulis de glace. Je sais, dit comme ça, ça donne envie de plage de sable fin et de cornet de glace à l’italienne.bigsmile myopera smiley

Mon travail consistait à modéliser les écoulements d’un mélange d’eau et de glace. Dans le même laboratoire, on s’évertuait à créer de la glace « pour pas cher ». La méthode testée passait par l’usage d’eau dans un état métastable : en la refroidissant tout doucement et très précautionneusement, on parvenait à obtenir de l’eau liquide à une température inférieure à zéro degré. Ensuite, on générait un choc par une impulsion ultrasonore, et bam, on avait plein de glace ! Un peu comme ça, là :

Ah, oui, ça en jette, hein !

Mais alors qu’est-ce qui se passe ? Hé bien, tout simplement, l’eau métastable est, par essence, une eau qui n’attend qu’un très faible apport d’énergie pour basculer brusquement, bifurquer soudainement vers un état plus stable pour cette température : la glace.

surfusionSi on s’intéresse à l’évolution de la température de tout cela, on retrouve, en première partie, une évolution qui, à quelques symétries près, ressemble aux courbes exponentielles plus haut. Alors qu’un comportement classique aurait amené directement à un palier, le passage par un état métastable a permis un refroidissement au-delà de l’attendu, puis un réchauffement quasi-instantané avec un changement d’état abrupt, suite à un choc qui a apporté l’énergie d’activation nécessaire au basculement, par effet domino, de tous les spins. Les spins, vous avez dit ?! Oui, une sorte de petite boussole qui indiquerait, ici, aux molécules d’eau quel état choisir entre glace et eau liquide. Pensez-donc au jeu spin-the-bottle drunk myopera smiley

Un comportement au delà de l’attendu puis une bifurcation abrupte suite à un jour noir, voilà ce quoi nos sociétés doivent, non pas craindre, mais s’attendre à vivre. De la même manière que la température remonte instantanément, une « récession » rapide et de grande ampleur est probable, soit ce que l’on peut nommer — en prenant des pincettes pour n’effrayer personne — un effondrement civilisationnel. Je ne me risquerai pas même à évoquer le risque d’effondrement global qui lui nous dirigerait vers la sixième extinction de masse, l’homme étant dans le lot… scared myopera smiley

Me voilà enfin plus proche du titre : difficile de croire au développement durable si on croit voir venir un effondrement civilisationnel. Permettez-moi de vous ôter d’un doute à nouveau, n’y voyez pas un pessimisme me menant à la dépression, admettre, lâcher prise sur un tel fatum ne conduit pas à l’immobilisme (qui est l’état actuel, quoique, telle la Reine Rouge, nous ne cessions pas d’accélérer pour pouvoir rester au même point) mais, je crois, à la résilience.

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C’est d’ailleurs pourquoi, dans mon activité professionnelle, il m’importe moins de suivre la réglementation que de proposer des projets résilients et à faible création entropique. Je vais être franc avec vous, jamais (ou presque) je ne présente à mes clients mon sentiment prémoniteur d’un changement total de paradigme. L’imagerie de Mad Max et autre The Walking Dead est trop prégnante dans nos sociétés pour ne pas passer pour, au mieux, un doux dingue. Pourtant, un effondrement civilisationnel n’est pas l’apocalypse mais ouvre la porte une nouvelle civilisation. Une civilisation plus « simple » dans un premier temps, il faut le reconnaître. o myopera smiley

Bon, ok, d’accord mais vous avez sans doute 2 questions :
– comment puis-je être sûr qu’un développement durable n’est pas possible ?
– aucune civilisation ne peut-elle survivre à une implosion ?

Commençons par la première question.

Imaginez-vous le toit d’une vieille grange. Il est fort vétuste et vous avez l’intuition que, si vous ne faites rien, il va s’effondrer. C’est une certitude, tout toit sans entretien finit par s’effondrer mais c’est une intuition que l’échéance est plus ou moins proche. Jamais vous ne pourrez être sûr d’avoir raison sauf… quand la toiture sera tombée au sol ! Notez d’ailleurs comme votre angoisse s’envolera une fois le toit tombé.

9782021223316Je crois qu’il en va exactement de même sur l’implosion de notre monde. C’est une certitude, comme il est sûr que les nénuphars vont manquer d’espace, que notre société est en péril. Mais il n’y a que l’intuition pour juger de la date.

Maintenant, comme pour le toit de la grange, il y a des signes qui ne trompent pas (des poutres pourries) et des intuitions bien armées (celle de votre ami charpentier).

En terme de signes sans équivoque, les évolutions exponentielles un peu plus haut, sont bien là. Pour ce qui est d’armer ses intuitions, il y a bien quelques théories en gestation (et si la thermodynamique et la théorie des bifurcations s’appliquaient à l’évolution ?) mais les calculs probabilistes associés n’en sont qu’à leurs balbutiements et ne nous diront jamais rien sur le jour précis de l’avalanche*. Tout au plus, nous annonceront-ils un risque statistique accru, comme pour l’entrée en activité d’un volcan, voire un événement immédiat.

*Quoique des chercheurs américains ont déjà réussi à détecter des effondrements de zooplancton huit générations avant que cela n’arrive !

Il y a cependant un modèle mathématique qui tend à me convaincre, celui de Meadows, utilisé pour le rapport du Club de Rome publié en 1973. Ceux qui me suivent sur Twitter ont sans doute remarqué ceci, il y a presque 4 ans  :

Il est tout de même sidérant de constater que la variante « buisness as usual » du modèle Meadows est à ce point proche des tendances réellement observées. Pourrait-il rendre compte aussi bien des résultats historique et se tromper quant à l’évolution à venir ? right myopera smiley

... petit espace-temps de réflexion que je vous offre ...

Mais pourquoi diable, plutôt que de jouer les oiseaux de mauvaise augure, les dits chercheurs n’ont-ils pas proposer des solutions en faisant tourner leur modèle à l’envi ?

Et bien, ils l’ont fait, et leur conclusion était simple : il fallait agir rapidement, une civilisation durable était planifiable dans les années 80, aujourd’hui, « il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence de petits systèmes résilients » annonce le physicien Dennis Meadows. Comme lui, je crains fort qu’il n’y ait péremption pour le développement durable. Et si jamais, par miracle, il se trompait ?! Nous aurions fait un monde résilient pour rien, mince alors ! smile myopera smiley

Maintenant, quid de la survie de nos sociétés à une implosion de la civilisation actuelle ? Le mieux, cette fois, est de s’intéresser à l’histoire et à l’archéologie !

Dans les pas de Jared Diamond, intéressons-nous aux Vikings qui s’installèrent au Groenland un peu avant l’an mil. Je vais me montrer, malheureusement, fort concis. Il y a cinq facteurs qui constituent les raisons ultimes de la disparition, pure et simple, de cette société. Cinq facteurs que l’on retrouve, plus ou moins, dans tous les effondrements civilisationnels :

  • les dommages environnementaux
    Les Vikings dépassèrent la capacité de charge du territoire. En particulier en déforestant ce territoire aux capacités de régénération très lente, ils se mirent rapidement en difficulté durant les mauvaises années. Imaginez-vous que Groenland signifie « Terre verte », ça en dit long sur l’évolution du paysage.
  • le changement climatique
    Le refroidissement du climat et la petite ère glaciaire qui s’en suivit, mirent en difficulté la production agricole.
  • la dépendance à un partenaire commercial
    Du fait de la prise en glace des voies maritimes, les Vikings se virent isolés de leur terre originelle (la Norvège) et de ses richesses.
  • les contacts hostiles
    Vikings et Inuits ne parvinrent pas à passer du stade initial normal de la méfiance réciproque en relation amicale et commerciale. Un tel commerce aurait pu permettre aux Scandinaves de diversifier leur régime alimentaire pour résister aux conditions groenlandaises.
  • l’attitude conservatrice
    Jusqu’au bout, les Vikings du Groenland s’attachèrent à maintenir leur identité européenne et se refusèrent à imiter le mode de vie des Inuits particulièrement adapté au territoire (p. ex. la pêche et l’usage de graisse comme combustible).

Il apparaît clairement que les Vikings se montrèrent incapables de s’engager dans d’importantes mutations, ils ne surent pas modifier leur culture pour adopter un mode de vie propice à la survie de leur société. Plus que n’importe quel autre facteur, celui-ci est critique. En faisant preuve de plus d’agilité culturelle, ils auraient pu se mettre à l’abri des conséquences des quatre autres facteurs.

Comme le dit Jared Diamond, les « Vikings n’adoptèrent pas une position plus suicidaire que la nôtre aujourd’hui ». S’ils maintinrent leur culture, c’est que les « valeurs auxquelles ils se raccrochaient dans des conditions inappropriées [étaient] celles qui autrefois leur permirent de triompher de l’adversité ». Exactement comme nous maintenons notre mode de vie, sûr que le progrès que nous avons su générer hier continuera demain si nous maintenons notre modèle.

Si nous voulons survivre à l’implosion de notre monde, il faudra, a minima, faire preuve d’agilité culturelle, savoir abandonner les vieux modèles pour de nouveaux, c’est indubitable.

Notre civilisation est d’autant plus fragile qu’elle est mondialisée et interconnectée, elle n’a plus le choix de nouveaux partenaires et est confrontée à des mises en surcharge de notre environnement jamais vues. Autant dire que le défi est de taille bien plus imposante que celui qui s’était présenté aux Vikings…

DimEco2/Decimo

DimEco2/Decimo

C’est assez spartiate, mais vous trouverez ici un moteur de calcul pour le puits canadien sur lequel j’ai rapidement collé une interface de communication en ligne de commande. J’ai également ajouté quelques fichiers météo (2005) sans lesquels vous ne pourriez rien faire. Créez les vôtres sur le même modèle si besoin (même avec un pas de temps beaucoup plus serré !). La licence est de type caritaticielle : c’est gratuit mais participez donc à un monde meilleur party myopera smiley

Je souhaitais depuis un moment le mettre à disposition depuis que j’ai abandonné la version graphique du logiciel (faute de temps et d’argent forcément). Voilà qui est fait !

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Le projet au long cours – L’ESAT

Le projet au long cours – L’ESAT

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Visite de chantier N° 11 – Ca va barder!

Puisqu’El NiNo repousse l’arrivée de l’hiver, l’entreprise de charpente HOURCADE se lance enfin dans la pose du bardage vertical en mélèze, dit « à faux-ajouré ».

Le mélèze est répertorié en classe 3b, il peut donc être mis en oeuvre à l’extérieur, hors contact du sol et être exposé aux intempéries. La mise en oeuvre verticale accentue l’effet drainant.

Les pièces de bois sont rainurées 30 mm saillants en alternance à 30 mm creux en face avant, et deux fois rainurés 5 mm à l’arrière (pour limiter le tuilage et le fendage).

La pose s’inspire de la méthode « scandinave »; l’épaisseur du complexe de bardage est de 120 mm, le bardage est posé sur tasseautage et contre-tasseautage pour favoriser la ventilation par une lame d’air toute hauteur.

Le bardage a été mis au point au mois de juillet 2015 sur le prototype en atelier, plusieurs rainurages avaient été envisagés (Lire le post…

Voir l’article original 265 mots de plus

Et si on grugeait la RT2012 ?!

Et si on grugeait la RT2012 ?!

Faire des bâtiments conformes à la RT2012, ça coûte cher. Comme personne n’a d’arguments, on parle d’un surcoût de 15 % (par rapport à la RT2005), il faut bien justifier les subventions. En réalité, c’est très variable. Par exemple, le Pôle Scolaire que je vous présente ici, a un coût de revient identique à la plupart des écoles de même acabit tout en ayant une performance énergétique presque 2 fois meilleure que l’exigence RT2012, alors même qu’il n’y était pas soumis. Et je n’évoque même pas ses autres « vertus »…

Mais voilà, plus vous faites du « conventionnel à bas prix » et plus la RT2012 vous coûte cher. Alors, parfois, la tentation est grande de gruger la réglementation thermique en nourrissant le moteur de calcul Th-BCE de données quelques peu faussées.

Quoi ? Comment ? Est-ce vraiment possible ?

Ah, je ne voudrais pas décevoir le candide que vous êtes peut-être encore un peu, mais je crains que cela soit même une pratique pas si rare que cela nervous myopera smiley Alors, c’est décidé, je vais vous expliquer comment faire !

Holalalala, mais il est fou, vous dîtes-vous ! Peut-être un peu, mais ce billet n’est pas un encouragement à la triche, il a une vocation pédagogique, messieurs, dames.

C’est comme pour le piratage informatique : on peut être un black hat et forcer les sécurités pour s’enrichir, mais on peut aussi choisir d’être un white hat qui ne s’introduit dans les systèmes que pour avertir leurs auteurs des vulnérabilités existantes.

J’enfile donc mon chapeau blanc pour vous former, vous, gentils locataires, jeunes accédants, vieux contrôleurs ou certificateurs pressés (les autres aussi, hein !). Après m’avoir lu, il en sera fini de votre crédulité, promis !

Donc, reprenons. Pour faire des économies, on peut être tenter par la triche, fine et subtile.

Rappelons tout de même ce que l’on risque à tricher. En cas de non-conformité constatée (lors d’un Contrôle des Règles de Construction par ex.), l’administration transmet les procès-verbaux d’infractions au Procureur de la République.

Ce dernier peut lancer une procédure de règlement à l’amiable, le maître d’ouvrage se verra, dès lors, contraint à corriger les non-conformités. Dans le meilleur des cas, il faut s’attendre à 2 000 à 5 000 € de travaux correctifs, s’il s’agit juste de changer quelques systèmes p.ex. Mais la facture peut devenir rapidement plus salée d’autant plus qu’un Contrôle du respect des Règles de Construction peut mettre en évidence des malfaçons autres que thermiques (acoustique, aération, sécurité, incendie, handicap, sismique).

Le procureur peut aussi engager des poursuites au pénal. Le maître d’ouvrage s’expose alors à des amendes (jusqu’à 45 000 € voire 75 000 en cas de récidive, sans parler des refus d’obtempérer), de la prison (jusqu’à 6 mois) et une interdiction d’exercer de 5 ans max. C’est le maître d’ouvrage qui a la responsabilité de la conformité à la réglementation mais il peut très bien se retourner contre la maîtrise d’œuvre ou les entreprises, au motif qu’il n’est pas un « sachant ». Les bureaux d’études qui s’essaieraient à des études de complaisance ne devraient, d’ailleurs, jamais oublier cela : les maîtres d’ouvrage les plus pressants à négocier avec les calculs seront sans doute les plus prompts à engager des poursuites en droit civil.

Si personne ne s’inquiète des risques encourus, c’est que les contrôles sont, finalement, assez rares. D’ailleurs, chez les thermiciens, on est assez peu nombreux à avoir lu un rapport de contrôle. Quant à ceux qui ont assisté à une visite de contrôle… qu’ils lèvent la main !

Je n’ai pas de chiffres à vous fournir mais, en entrecoupant les sources, les contrôles doivent être de quelques dizaines par département. L’administration fonctionne comme des sondeurs, elle tire au sort dans des panels statistiques les échantillons à contrôler. Elle peut, cependant, mener une politique plus active, en visant des opérations ou des opérateurs à risque. Et puis, bien sûr, elle peut être sollicitée suite à une plainte.

J’ignore si les plaintes sont nombreuses. Je m’étonne de ne pas en entendre parler parce que dans une société de plus en plus procédurière, la réglementation thermique serait une manne d’affaires gagnées d’avance. Avez-vous entendu parler, vous, de locataires se retournant contre leur bailleur social, de maîtres d’ouvrages traînant des bureaux d’études au tribunal ? Même pas un particulier qui ait attaqué un pauvre BE low-cost ?

Mais, trêve de blabla, il y a peut-être des contrôleurs parmi vous plus intéressés par le modus operandi de la triche !

Pour obtenir une performance meilleure que prévue sans investir, il suffit de flouer le moteur de calcul de la RT2012 pour lui faire sur-évaluer les apports gratuits et sous-évaluer les pertes. Bah, vi, la stratégie, pour le coup, est simple. Passez à la pratique est plus complexe.

Comment faire croire à la RT que le bâtiment a beaucoup d’apports gratuits. On ne peut pas tricher sur les apports internes, le calcul étant conventionnel, la surface habitable impose leur valeur. Tout juste peut-on exagérer la surface habitable, mais ce n’est pas très discret.

Le plus simple, c’est de lever les yeux vers le ciel. Ben vi, c’est bien là que se trouve le plus grand fournisseur d’énergie de notre système solaire (1,5.10¹¹ kWh insolent la Terre tous les ans), j’ai nommé… le Soleil !

there must be a source of energy down there

Première tricherie solaire : se tromper sur l’orientation des bâtiments. Nord-Sud, Est-Ouest, qui se rendra compte que l’on a un chouïa avantagé l’orientation de notre jolie baie vitrée ? Cerqual, Prestaterre, Céquami ?! Mah non o myopera smiley

Rappelons que, quelle que soit la latitude en zone tempérée, c’est la façade sud qui reçoit le maximum de rayonnement solaire en hiver.

bilan thermique parois selon orientation

Mais, quant à jouer avec l’accès au soleil, supprimons tous les masques solaires : les ombres portées des bâtiments et puis pourquoi pas ceux des retraits des menuiseries.

ombres portées

Enfin, en hommage à M. Trombe, créons une jolie paroi sombre pour la meilleure exposition ! Le mieux – et c’est le plus simple – c’est d’oublier qu’on a des combles en toiture pour bien exposer notre composition de plancher haut, supposée dotée d’une face extérieure bien anthracite, au soleil. Ne vous inquiéter pas de la surchauffe, je doute que la Tic ne tique, elle a vu pire. Et puis, de toute façon on a fait une jolie optimisation de l’orientation de nos baies un peu plus tôt sadclown myopera smiley

Attention, on a là une méthode très efficace capable de vous faire gagner 7 à 10 kWhEP/m²/an sur une maison chauffée avec des radiateurs électriques. Sur moins de 50 autorisés, je vous rappelle… Vous allez me dire, ça va se voir pour une labellisation. Mmmh, je sais pas, faut lancer les paris…

Bon ok, là on a bien optimisé les apports solaires. Comment sous-évaluer les pertes ?

Ah là, c’est plus de boulot et moins d’efficacité mais petit à petit, l’oiseau fera son nid de la conformité. Il faut se montrer retenu mais oublier quelques mètres carrés de surfaces déperditives, quelques mètres cubes de volume à chauffer, c’est un bon début.

Ensuite, inventons des menuiseries qui n’existent pas. Si les contrôleurs étaient menuisiers ça se saurait, déjà qu’on est pas sûr qu’il y ait des thermiciens flirt myopera smiley Mais c’est quoi une menuiserie qui n’existe pas mais qui aide à l’optimisatricherie ?

Ben, c’est une menuiserie qui laisse bien passer le soleil du Sud (rappelez-vous, notre bâtiment est bioclimatique depuis 8 paragraphes) et qui est très isolante. Oubliez que la baie vitrée comporte plusieurs vitrages, un seul bien grand, c’est bien mieux, on peut gagner 20 % d’isolation en plus à imaginer qu’on a peu de longueurs d’intercalaires et de montants. En parallèle, ça augmente nos précieux apports solaires (facteur solaire menuiserie sur-évalué) !

Puisqu’on parle de longueur, n’hésitons pas non plus à se louper sur les linéiques de ponts thermiques. Parallèlement, on peut sous-estimer un peu les ponts eux-mêmes mais c’est plus complexe et facile à vérifier par un contrôleur.

En oublié-je ? Sans doute, sans doute. Je ne suis qu’in pauvre white hat qui ne pratique pas lui-même 😦

Ah bien sûr, il y a aussi les histoires de certification. La France (le pays de la loi en chinois, cela ne s’invente pas) dispose d’une gradation des performances. Selon que vous avez investi (plusieurs dizaines de milliers d’euros) ou non dans une certification, les performances de vos produits sont handicapés ou non.

Tricher sur les certifications est risquée parce que le contrôleur voit très bien la ligne « certifié » dans votre rapport pour la plupart des systèmes. Mais cela reste envisageable, en toute discrétion, pour des isolants ou des ventilations.

Comme je vous le disais, je n’ai pas vocation à faire de vous des tricheurs mais des gens avertis alors je cesse là, je ne vais pas me creuser la tête au-delà.

Pourquoi vous informer de la sorte ?

Tout simplement parce que ces pratiques — que la quasi-absence de contrôle permet — portent tort aux professionnels comme moi. On nous considère dorénavant comme des inutiles administratifs de plus, des gribouilleurs de paperasse. Cela explique que l’on puisse vous vendre aujourd’hui des études au prix d’une nuit d’hôtel. Ceux-là passeront moins de temps sur votre projet que la durée d’une nuit.

S’il n’y a plus de contrôle de qualité nulle part, cessons donc d’exiger aux particuliers de faire appel à une bureau d’études. Qu’on leur donne accès à un site internet pour leur laisser faire, gratuitement, une déclaration sur l’honneur. De la même façon qu’ils déclarent leurs impôts ! On se retrouvera avec tout autant de tricheries mais on aura moins dépouillé ceux qui rêvent de faire construire. Faisons de même pour les maîtres d’ouvrage plus importants, cela évitera qu’ils disqualifient les bureaux d’études les plus probes pour des professionnels plus complaisants.