Pourquoi je ne crois pas au développement durable

Je vous demande un petit effort d’imagination: une musique lourde et puissante, genre « La chevauchée des Walkyries », tiens, par exemple ; des paysages grandioses et, là, une grosse voix : « Dépassez vos limites ! ».

Ah ben, voilà, on y est ! J’abhorre cette phrase idiote. Des limites, ça ne se dépasse pas sinon ce ne sont tout bêtement pas des limites. C’est comme l’horizon, c’est une ligne virtuelle vers laquelle on peut se diriger mais qu’on n’atteindra jamais. Inutile de négocier, c’est un fatum, une fatalité inéluctable.

Disons-le dès maintenant, reconnaître cet état de fait, ce n’est pas être ni pessimiste ni fataliste mais simplement réaliste : il y a des choses irrévocables et inévitables, le notion de limite en fait partie : « MATH. Valeur dont une grandeur peut s’approcher sans jamais l’atteindre. »

Vous allez me dire, je chipote. Non, non, non, il est essentiel d’admettre cet état de fait. Parce que cela a des conséquences majeures sur notre vision du monde. Être dans le déni nous maintient dans l’immobilisme. Il a fallu quelque chose comme une décennie de débats pour admettre la finitude de notre planète, elle est un système borné avec des limites finies (= des ressources qui ne sont pas infinies). Laisser croire que les limites sont dépassables, c’est être incapable de comprendre l’équation du nénufar ci-dessous :

Imaginons un nénuphar planté dans un grand lac qui aurait la propriété héréditaire de produire, chaque jour, un autre nénuphar. Au bout de trente jours, la totalité du lac est couverte et l’espèce meurt étouffée, privée d’espace et de nourriture. Question : Au bout de combien de jours les nénuphars vont-ils couvrir la moitié du lac ? Réponse : non pas 15 jours, comme on pourrait le penser un peu hâtivement, mais bien 29 jours, c’est-à-dire la veille, puisque le double est obtenu chaque jour. Si nous étions l’un de ces nénuphars, à quel moment aurions-nous conscience que l’on s’apprête à manquer d’espace ? Au bout du 24ème jour, 97% de la surface du lac est encore disponible et nous n’imaginons probablement pas la catastrophe qui se prépare et pourtant nous sommes à moins d’une semaine de l’extinction de l’espèce…Et si un nénuphar particulièrement vigilant commençait à s’inquiéter le 27ème jour et lançait un programme de recherche de nouveaux espaces, et que le 29ème jour, trois nouveaux lacs étaient découverts, quadruplant ainsi l’espace disponible ? Et bien, l’espèce disparaîtrait au bout du … 32ème jour !

Texte d’A. Jacquard , L’Equation du nénuphar, Calmann-Lévy, 1998 cité dans N. Ridoux, La Décroissance pour tous, Parangon (2006).

Oui, je sais, vous avez beau relire le texte plusieurs fois, il reste, même pour les plus doués en mathématiques, empreint d’un mystère incompréhensible. Les suites dites géométriques et les évolutions en exponentielle associées ne sont pas intuitives, notre cerveau n’est pas conçu pour les appréhender aisément, on est obligé de poser tout ça sur papier. Plus que contre-intuitive, on a là une croissance effrayante puisqu’on ne se rend pas compte du danger dans un système fermé où l’exponentielle n’a pas la loisir de tendre vers l’infini.

Bon, alors, attendez, limite, exponentielle, danger, où veux-je en venir ? Sommes-nous en danger du fait de croissances exponentielles ?

Jugez par vous même !

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Notes: “Socio-Economic Trends” and “Earth System Trends” charts (above) created by R. Jamil Jonna based on data in Will Steffen, Wendy Broadgate, Lisa Deutsch, Owen Gaffney, and Cornelia Ludwig, “The Trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration,”Anthropocene Review 2, no. 1 (April 2015): 81–98.

Tout le monde connaît la célèbre phrase « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » attribuée à Lavoisier. Voilà une autre fatalité ! En ce qui concerne nos ressources, cette maxime est fort intéressante. Elle rend compte en particulier de l’entropie, soit le fait qu’il n’existe aucune transformation sans qu’il n’y ait de pertes, et même souvent, beaucoup de pertes.

Les tendances socio-économiques (« SOCIO-ECONOMIC TRENDS ») présentées ci-dessus sont les transformations que notre société industrielle engendre, de façon volontaire, dans une idée progressiste. Les évolutions du système fermé (sauf pour l’énergie solaire) Terre (« EARTH SYSTEM TRENDS ») découlent des pertes induites, de la création entropique. Des dommages collatéraux, si vous voulez.

Or, il apparaît clairement que les croissances exponentielles des premières courbes ont pour conséquence des croissances pseudo-exponentielles des secondes. Inutile de nier, nous avons là aussi affaire à un fatum, celui de Lavoisier. Tant que l’énergie se dissipera, tant que le mouvement perpétuel restera une impossibilité physique, nos croissances exponentielles seront associées à des croissances exponentielles « naturelles ».

Si, comme tout le monde aujourd’hui, vous admettez la finitude de notre planète et que vous ne réfutez pas les courbes précédentes, alors c’est un truisme que de conclure que, comme les nénuphars d’Albert Jacquard, nous allons à la catastrophe. Sauf à … ralentir ! whistle myopera smiley

Vous allez rire, mais ralentir n’est pas une option ni même une bonne résolution que nous devrions prendre, c’est aussi, je vous le donne en mille, un fatum ! De gré ou de force, nous allons ralentir, c’est aussi une loi physique, liée à la théorie des bifurcations. Il est d’ailleurs amusant de constater que les informaticiens aussi se plaignent de la mauvaise intégration des limites physiques dans l’innovation :

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Étudiant, j’ai travaillé sur les coulis de glace. Je sais, dit comme ça, ça donne envie de plage de sable fin et de cornet de glace à l’italienne.bigsmile myopera smiley

Mon travail consistait à modéliser les écoulements d’un mélange d’eau et de glace. Dans le même laboratoire, on s’évertuait à créer de la glace « pour pas cher ». La méthode testée passait par l’usage d’eau dans un état métastable : en la refroidissant tout doucement et très précautionneusement, on parvenait à obtenir de l’eau liquide à une température inférieure à zéro degré. Ensuite, on générait un choc par une impulsion ultrasonore, et bam, on avait plein de glace ! Un peu comme ça, là :

Ah, oui, ça en jette, hein !

Mais alors qu’est-ce qui se passe ? Hé bien, tout simplement, l’eau métastable est, par essence, une eau qui n’attend qu’un très faible apport d’énergie pour basculer brusquement, bifurquer soudainement vers un état plus stable pour cette température : la glace.

surfusionSi on s’intéresse à l’évolution de la température de tout cela, on retrouve, en première partie, une évolution qui, à quelques symétries près, ressemble aux courbes exponentielles plus haut. Alors qu’un comportement classique aurait amené directement à un palier, le passage par un état métastable a permis un refroidissement au-delà de l’attendu, puis un réchauffement quasi-instantané avec un changement d’état abrupt, suite à un choc qui a apporté l’énergie d’activation nécessaire au basculement, par effet domino, de tous les spins. Les spins, vous avez dit ?! Oui, une sorte de petite boussole qui indiquerait, ici, aux molécules d’eau quel état choisir entre glace et eau liquide. Pensez-donc au jeu spin-the-bottle drunk myopera smiley

Un comportement au delà de l’attendu puis une bifurcation abrupte suite à un jour noir, voilà ce quoi nos sociétés doivent, non pas craindre, mais s’attendre à vivre. De la même manière que la température remonte instantanément, une « récession » rapide et de grande ampleur est probable, soit ce que l’on peut nommer — en prenant des pincettes pour n’effrayer personne — un effondrement civilisationnel. Je ne me risquerai pas même à évoquer le risque d’effondrement global qui lui nous dirigerait vers la sixième extinction de masse, l’homme étant dans le lot… scared myopera smiley

Me voilà enfin plus proche du titre : difficile de croire au développement durable si on croit voir venir un effondrement civilisationnel. Permettez-moi de vous ôter d’un doute à nouveau, n’y voyez pas un pessimisme me menant à la dépression, admettre, lâcher prise sur un tel fatum ne conduit pas à l’immobilisme (qui est l’état actuel, quoique, telle la Reine Rouge, nous ne cessions pas d’accélérer pour pouvoir rester au même point) mais, je crois, à la résilience.

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C’est d’ailleurs pourquoi, dans mon activité professionnelle, il m’importe moins de suivre la réglementation que de proposer des projets résilients et à faible création entropique. Je vais être franc avec vous, jamais (ou presque) je ne présente à mes clients mon sentiment prémoniteur d’un changement total de paradigme. L’imagerie de Mad Max et autre The Walking Dead est trop prégnante dans nos sociétés pour ne pas passer pour, au mieux, un doux dingue. Pourtant, un effondrement civilisationnel n’est pas l’apocalypse mais ouvre la porte une nouvelle civilisation. Une civilisation plus « simple » dans un premier temps, il faut le reconnaître. o myopera smiley

Bon, ok, d’accord mais vous avez sans doute 2 questions :
– comment puis-je être sûr qu’un développement durable n’est pas possible ?
– aucune civilisation ne peut-elle survivre à une implosion ?

Commençons par la première question.

Imaginez-vous le toit d’une vieille grange. Il est fort vétuste et vous avez l’intuition que, si vous ne faites rien, il va s’effondrer. C’est une certitude, tout toit sans entretien finit par s’effondrer mais c’est une intuition que l’échéance est plus ou moins proche. Jamais vous ne pourrez être sûr d’avoir raison sauf… quand la toiture sera tombée au sol ! Notez d’ailleurs comme votre angoisse s’envolera une fois le toit tombé.

9782021223316Je crois qu’il en va exactement de même sur l’implosion de notre monde. C’est une certitude, comme il est sûr que les nénuphars vont manquer d’espace, que notre société est en péril. Mais il n’y a que l’intuition pour juger de la date.

Maintenant, comme pour le toit de la grange, il y a des signes qui ne trompent pas (des poutres pourries) et des intuitions bien armées (celle de votre ami charpentier).

En terme de signes sans équivoque, les évolutions exponentielles un peu plus haut, sont bien là. Pour ce qui est d’armer ses intuitions, il y a bien quelques théories en gestation (et si la thermodynamique et la théorie des bifurcations s’appliquaient à l’évolution ?) mais les calculs probabilistes associés n’en sont qu’à leurs balbutiements et ne nous diront jamais rien sur le jour précis de l’avalanche*. Tout au plus, nous annonceront-ils un risque statistique accru, comme pour l’entrée en activité d’un volcan, voire un événement immédiat.

*Quoique des chercheurs américains ont déjà réussi à détecter des effondrements de zooplancton huit générations avant que cela n’arrive !

Il y a cependant un modèle mathématique qui tend à me convaincre, celui de Meadows, utilisé pour le rapport du Club de Rome publié en 1973. Ceux qui me suivent sur Twitter ont sans doute remarqué ceci, il y a presque 4 ans  :

ndlr : Un article du 18/10/2018 dans Nature confirme encore cette lugubre prévision.

Il est tout de même sidérant de constater que la variante « buisness as usual » du modèle Meadows est à ce point proche des tendances réellement observées. Pourrait-il rendre compte aussi bien des résultats historique et se tromper quant à l’évolution à venir ? right myopera smiley

... petit espace-temps de réflexion que je vous offre ...

Mais pourquoi diable, plutôt que de jouer les oiseaux de mauvaise augure, les dits chercheurs n’ont-ils pas proposer des solutions en faisant tourner leur modèle à l’envi ?

Et bien, ils l’ont fait, et leur conclusion était simple : il fallait agir rapidement, une civilisation durable était planifiable dans les années 80, aujourd’hui, « il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence de petits systèmes résilients » annonce le physicien Dennis Meadows. Comme lui, je crains fort qu’il n’y ait péremption pour le développement durable. Et si jamais, par miracle, il se trompait ?! Nous aurions fait un monde résilient pour rien, mince alors ! smile myopera smiley

Maintenant, quid de la survie de nos sociétés à une implosion de la civilisation actuelle ? Le mieux, cette fois, est de s’intéresser à l’histoire et à l’archéologie !

Dans les pas de Jared Diamond, intéressons-nous aux Vikings qui s’installèrent au Groenland un peu avant l’an mil. Je vais me montrer, malheureusement, fort concis. Il y a cinq facteurs qui constituent les raisons ultimes de la disparition, pure et simple, de cette société. Cinq facteurs que l’on retrouve, plus ou moins, dans tous les effondrements civilisationnels :

  • les dommages environnementaux
    Les Vikings dépassèrent la capacité de charge du territoire. En particulier en déforestant ce territoire aux capacités de régénération très lente, ils se mirent rapidement en difficulté durant les mauvaises années. Imaginez-vous que Groenland signifie « Terre verte », ça en dit long sur l’évolution du paysage.
  • le changement climatique
    Le refroidissement du climat et la petite ère glaciaire qui s’en suivit, mirent en difficulté la production agricole.
  • la dépendance à un partenaire commercial
    Du fait de la prise en glace des voies maritimes, les Vikings se virent isolés de leur terre originelle (la Norvège) et de ses richesses.
  • les contacts hostiles
    Vikings et Inuits ne parvinrent pas à passer du stade initial normal de la méfiance réciproque en relation amicale et commerciale. Un tel commerce aurait pu permettre aux Scandinaves de diversifier leur régime alimentaire pour résister aux conditions groenlandaises.
  • l’attitude conservatrice
    Jusqu’au bout, les Vikings du Groenland s’attachèrent à maintenir leur identité européenne et se refusèrent à imiter le mode de vie des Inuits particulièrement adapté au territoire (p. ex. la pêche et l’usage de graisse comme combustible).

Il apparaît clairement que les Vikings se montrèrent incapables de s’engager dans d’importantes mutations, ils ne surent pas modifier leur culture pour adopter un mode de vie propice à la survie de leur société. Plus que n’importe quel autre facteur, celui-ci est critique. En faisant preuve de plus d’agilité culturelle, ils auraient pu se mettre à l’abri des conséquences des quatre autres facteurs.

Comme le dit Jared Diamond, les « Vikings n’adoptèrent pas une position plus suicidaire que la nôtre aujourd’hui ». S’ils maintinrent leur culture, c’est que les « valeurs auxquelles ils se raccrochaient dans des conditions inappropriées [étaient] celles qui autrefois leur permirent de triompher de l’adversité ». Exactement comme nous maintenons notre mode de vie, sûr que le progrès que nous avons su générer hier continuera demain si nous maintenons notre modèle.

Si nous voulons survivre à l’implosion de notre monde, il faudra, a minima, faire preuve d’agilité culturelle, savoir abandonner les vieux modèles pour de nouveaux, c’est indubitable.

Notre civilisation est d’autant plus fragile qu’elle est mondialisée et interconnectée, elle n’a plus le choix de nouveaux partenaires et est confrontée à des mises en surcharge de notre environnement jamais vues. Autant dire que le défi est de taille bien plus imposante que celui qui s’était présenté aux Vikings…

22 commentaires sur “Pourquoi je ne crois pas au développement durable

  1. Bonjour Olivier !
    Très intéressant ce document,
    et notamment les parallèles entre phénomènes physiques et comportements de nos sociétés.
    Si si, il faut croire au Durable : à celui qui se donne les moyens de … durer parce qu’il regarde l’horizon et non le nombril.
    Et puis, si il y a qq chose qui dure ici et là, c’est le ton enjoué et dynamique de ton discours … que tu devrais t’évertuer à encore mieux faire entendre à toutes les oreilles susceptibles de comprendre qu’il est temps de changer de temps !
    Jean-Marie G.

  2. Bonjour Jean-Marie,

    Je t’invite à lire « Thermodynamique de l’évolution » de l’astrophysicien François Roddier si le parallèle entre loi de la thermodynamique et comportements de nos sociétés te secoue toi aussi. « Ils ne sont pas nombreux les livres qui nous donnent la vie. Celui-ci en est un. Il nous donne la vie parce qu’il va nous permettre d’éclairer l’avenir de l’humanité, si celle-ci veut survivre » dit son éditeur.

    Faut-il croire au Durable malgré tout ? Si durer, c’est regarder l’horizon, agir plutôt que piétiner à regarder son nombril, je suis d’accord avec toi, il y a lieu d’y croire en anticipant et en préparant la résilience. Mais si un développement durable est un développement économique qui n’entraîne pas de chute de la démographie ni d’atteinte au bien-être individuel alors j’ai le sentiment, à l’exemple de Dennis Meadows, que notre inertie (et vous savez comme c’est une propriété qui me passionne !) nous a déjà mis fatalement sur les rails de l’effondrement. Il ya 15 ans, le modèle Meadows voyait encore une opportunité mais c’était au prix d’une transition sévère (stabilisation de la démographie et de la production industrielle + augmentation des rendements agricoles avec diminution de la pollution) qui n’a pas eu lieu.

    Je te remercie de me trouver un ton enjoué, ça me fait plaisir ! Un effondrement, à moins d’être global, ne me plonge pas dans le pessimisme, c’est un défi d’autant plus passionnant qu’il nous donne l’occasion d’être créatif, de jouer de la fibre artistique plutôt que de faire confiance à la pseudo-raison d’une élite qui nous a plongé dans une arthrose à l’issue bientôt fatale. C’est passionnant à l’extrême pour le scientifique que je suis ( un peu, de formation tout au moins 🙂 ), de savoir que s’il y a une solution, elle n’est pas dans la science — qui ne pense pas mais qui doit être le socle de la pensée — mais dans la Culture ! Tout aussi passionnant est le fait que chacun d’entre nous a une influence majeure, comme chaque flocon de neige joue un rôle dans l’avalanche qui vient ou ne vient pas tout de suite. Il n’y a pas grand chose à attendre des flocons les plus haut sur la montagne parce que structurellement, leur pouvoir d’agir est faible et que leur place les éloigne trop du bruit des liens qui cèdent et qui annonce la dégringolade le long de la pente.

    Quant à faire entendre ma voix, je suis disponible pour qui m’invite 🙂

  3. Bonjour Olivier,
    Bravo pour ton écrit que je partage à 100%. Je n’ai pas tes connaissances scientifiques mais avec mon épouse depuis longtemps nous parlions d’un effet de seuil que les données actuellement disponibles annoncent pour 2030 complètement en phase avec les prédictions du club de Rome que tu évoques. Jean Marie G que je respecte, est comme la plupart des êtres humains. Pétri de bonnes intentions, il comprend ton écrit mais il ne parvient pas à l’intégrer car pour lui… ce n’est pas imaginable, pensable car ce matin pour lui tout va encore très bien. Lorsque l’effondrement commencera pour lui à être palpable ou du moins qu’il commencera à faire le lien qui n’est toujours pas accepté par 90% de la population (migrations de populations actuelles, raréfaction des ressources alimentaires notamment halieutiques, tensions géopolitiques etc…) il dira que quelque chose va se passer ou se produire et l’homme s’en sortira comme il a toujours su le faire quand il s’est trouvé au pied du mur… il oubli les atroces souffrances, les obscurantismes qui ont précédé les périodes de renaissance. Ma conclusion, et je crois que tu la partage c’est que l’homme, animal qu’il est, passera de la case « déni » à la posture de survie ( pillage, corruption, domination, conflits, obscurantismes, épidémies etc…). L’étape anticipation, gestion, respect des générations futures ne concerne que les lanceurs d’alerte que tu es, soit 1 à 3% des individus…
    Pour faire entendre ta voix… que dirais-tu de l’idée de créer un parti politique mais avec une approche humoristique pour secouer les opinions. Les gens sérieux qui tentent d’expliquer ce que tu as exposé ne sont pas entendus car les gens ne veulent pas entendre… En riant de l’humanité les gens se sentiraient bousculer et auraient envie de répondre… après réflexion ils s’apercevraient qu’ils n’ont rien à dire et qu’ils doivent bouger.
    Exemple: Le parti des « clairvoyants » (il faut un nom qui énerve les gens) propose d’appliquer la politique de l’enfant unique pour la France pour qu’en 2050 les gens puissent se chauffer avec le mobilier des appartement vides devenus inutiles. Faire du buzz avec des idées saugrenues mais … pas complètement saugrenues.
    Encore merci pour ta démonstration implacable sans aucun pessimisme mais pétrie de bon sens. 1+1=2
    Joël

    1. Bonjour à vous Joël (et à toi Olivier !),
      Vos idées sont portées de bon sentiments, c’est une évidence.
      Mais « Jean Marie G que je respecte …/… » vous ne le connaissez pas le moins du monde et, donc, le portrait que vous en faites est une caricature taillée à la hache dans votre bloc d’idées pré-conçues. Dommage …
      Faites preuve d’un brin de retenue. Ne collez pas à la va vite sur le front d’un nom l’étiquette de vos ressentiments !

      Ceci étant dit, je partage pour une bonne part votre analyse, et crains aussi l’avenir que nous préparons tous et chacun à notre mesure. Mais le « développement durable » reste à mon sens non seulement possible mais incontournable … si nous voulons durer. Le tout est de savoir de quoi est fait ce développement, de quoi se pré-occupe t-il, quelles valeurs le portent, quelle est sa vision (le nombril ou l’horizon ? …).
      Création d’un parti politique ? « Avec une approche humoristique » ? Les « clairsvoyants » ?
      Si vous y voyez clair dans la multitude des problématiques qui se posent au monde actuel, vous avez bien de la chance ! Si vous pensez qu’il est possible d’éclairer à partir d’idées +/- saugrenues et ainsi régler chaque situation d’un revers de blague, vous vous mettez, je le crains, … le doigts dans l’œil.
      Les gens en ont marre des politiciens creux, cupides, menteurs et sans courage (au passage : les mêmes « gens » ont quel courage pour en demander à leurs décideurs élus ? Histoire d’œuf et de poule ? …). Est-il pertinent d’ajouter de la dérision à la déraison massive ambiante ?
      La « chose » est grave -extrêmement grave ! Il y a à réveiller les consciences, à titiller les instincts de conservation, voire de culpabilisation (quel avenir réservez-vous à vos chers enfants ?!). Il y a à oser dire et démontrer où mène vraiment le chemin actuel. Les scientifiques, les philosophes, les penseurs en général (ceux qui tentent de penser l’horizon au lieu de panser leur nombril …) ont là un immense rôle à jouer !
      Et, bien sûr, ces bonnes têtes, bien remplies de connaissances et de capacités de projection, ne sont pas obligées d’être rébarbatives dans leurs discours et démonstrations. Leur fraîcheur, leur ton, tout ce qui fait que l’on reconnait en eux et avant tout des êtres humains sensibles, est un atout majeur pour qu’il soit écouté et compris.
      Allez Olivier, fonde ton parti-pris des « clairsdisants », avec malice et intelligence mêlée !

  4. Bonjour Joël,

    L’invitation en fin de message ne peut que me contraindre à répondre. L’idée du parti des clairvoyants est intéressante, c’est bien… vu =)

    Je ne suis pas sûr d’avoir le profil ni les reins assez solides pour mener une telle aventure mais votre proposition m’interpelle. Puisque tu me tutoies, je fais pareil : ta proposition m’interpelle 😉 (je tutoyais JMG parce qu’on se connaît un peu ^.^)

    D’abord parce que, si l’on en croit Jared Diamond, il n’y a qu’une qualité indispensable pour qu’une société survive à son implosion : l’agilité culturelle. Si les Vikings ont disparu du Groenland, c’est qu’ils ont maintenu à tout prix leur culture et leur identité européenne plutôt que de copier leurs voisins Inuits très adaptés au territoire. Ce qu’il nous faut donc, a minima, c’est créer une culture post-industrielle résiliente, inventer, essayer, imaginer. On a besoin d’artistes, de créatifs, de conteurs aussi. Ton idée répond bien de ce flot-là !

    Je suis sûr que certains, à me lire, se disent : « ouais, enfin bon, on a plutôt besoin d’ingénieurs, de gens avec des vrais métiers ! ». Je crois, moi, qu’on aurait tort de faire l’impasse sur les imaginatifs, les rêveurs et les transmetteurs. Quand il y a un effondrement d’ampleur, il y a changement de taille et de complexité des sociétés, si bien qu’une partie des savoirs est perdue. Il se pourrait, par exemple, qu’on ait besoin de conteurs pour gérer le danger nucléaire quand il n’y aura plus assez de techniciens pour le maîtriser ! Dis comme ça on dirait une boutade, mais les experts nucléaires américains ont réellement consulté des Amérindiens dans cette optique.

    Ensuite, ton idée m’interpelle parce que ce billet-là est un billet politique, au sens étymologique : je me mêle d’organisation de la société. C’est un effort pour moi, parce que je n’ai pas la prétention, à l’exemple de nos dirigeants, de savoir ce qu’il faut faire, simplement je m’étonne et m’inquiète de notre démence : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. » – Albert Einstein.

    Parmi les choses que j’ignore, il y a ce qui nous attend. Rien n’assure que les bulles de résilience qui se formeront ne seront pas aptes à maintenir la paix, un minimum d’ordre social. La « chute » de l’Empire Romain n’a pas mené à des temps drastiquement plus violents, de nombreux historiens pensent plutôt qu’il y a eu un transfert du pouvoir d’une bureaucratie centrale impériale à des autorités plus locales de façon peu perceptible par le citoyen moyen. D’un autre côté, lorsque les Européens arrivèrent sur l’île de Pacques, si la viande de poulet connaissait un énorme succès sans précédent jusqu’alors, la viande humaine aussi (chute de la population de 70 % en 200 ans) ! Quant aux Vikings, aucun vestige ne laisse à penser qu’ils s’entre-tuèrent en masse, mais la famine et la maladie les amenèrent sans nul doute à contester l’autorité qui, par intérêt à court terme, avait freiné nombre d’innovations (nouvelles chasses, nouveaux navires, à l’exemple des Inuits). Nul doute que s’il y a eu des morts violentes, ce furent d’abord celles des dirigeants !

  5. Justement, c’est là où cela devient drôle. Tous les problèmes que rencontre notre société ont des solutions extrêmement simples la plupart du temps, à condition… de prendre le temps de poser lesdits problèmes dans leur globalité ce que ne fait jamais un politique et rarement un citoyen. Un politique a toujours une solution toute faite lorsqu’on lui pose un problème. La force d’un parti intelligent serait justement de dire « je ne puis répondre à votre question car à cet instant je n’ai pas de réponse. Avec mon équipe nous allons donc y réfléchir et nous trouverons la bonne stratégie à adopter voire plusieurs car au sein de notre équipe nos approches analytiques divergent… stratégies que nous ne manquerons pas de vous exposer ».
    Par conséquent, cher Olivier, vous avez les outils pour répondre méthodiquement aux objections. Le but n’est pas de gagner les élections mais de secouer les autres partis politiques, tout simplement les citoyens en critiquant leurs handicaps profonds en terme de capacité d’analyse. Coluche a eu du succès car il ne se prenait pas au sérieux mais mettait le doigt sur les absurdités/injustices criantes par de simples mises en situation à mourir de rire.
    Par exemple en matière d’environnement, concernant le projet Notre Dame des Landes le parti des clairvoyants pourraient s’exprimer ainsi: être au bord de l’effondrement écologique et continuer à tergiverser en 2016 au lendemain de la COP21 sur la nécessité ou non d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes est, pour le Parti des Clairvoyants, une absurdité du type de celles observées au sein des services de psychiatrie lourde à Paris. Conclusion: faut-il un aéroport à Notre Dame des landes? La seule évocation de la question devrait, selon le Parti des clairvoyants, être un motif d’internement. Nous n’avons pas d’autres communications à faire sur ce dossier.
    Cela pourrait-être fun car je pense comme vous que c’est plié mais qu’on peut peut-être encore atténuer la violence de la chute en abordant les questions suivantes:
    – maîtriser la démographie
    – préparer le choc
    – auto-suffisance alimentaire et viser l’autonomie
    – maintenir la qualité des ressources
    – redonner du sens pour éviter le chaos
    Créer un parti politique dont le site internet aurait pour seule page la superbe démonstration réalisée par vos soins ci-avant en ayant une posture comique face aux média… cela pourrait fonctionner et perturber!!!
    Belle soirée et merci pour l’échange!
    Joël motivé pour secouer les immobiles.

  6. Bonsoir Jean-Marie,
    Je suis vraiment désolé mais je n’avais pas lu ton commentaire. Il n’y a aucun ressentiment dans ce que j’ai écrit sur toi simplement une analyse simple de notre comportement à tous. Le fait est, les chiffres sont là mais on n’imagine pas que cela puisse se produire. Ce n’est pas une grange qui menace de s’effondrer… c’est notre fin que nous sommes en train d’écrire… c’est juste incompréhensible… personne ne bouge… aucune mesure d’ampleur à l’horizon… des constats scientifiques qui s’accumulent pour décrire l’emballement…
    Pour en revenir à la description de ton point de vue, je souhaite te donner un exemple concret. En 2008, mon épouse a écrit en un roman d’anticipation qui projette notre société de 2008 à 2058. Notre entourage s’est fermé mais certains lecteurs ont été bouleversés car la projection leur semblait crédible (malheureusement la réalité dépasse actuellement la fiction) . Mais la vie continue… Un de mes meilleurs amis, avec qui j’échangeais régulièrement sur le même sujet depuis plusieurs années et partageant le même constat de la situation, m’a stupéfait lorsqu’il m’a contacté il y a 2 mois;  » allo Joël! Je suis bouleversé… je viens de réaliser que nous sommes foutus » Je lui ai répondu que je pensais qu’il avait compris la situation depuis longtemps!!! « oui Joël j’avais compris la situation… mais je ne l’avais pas intégrée… je déprime ».
    Cela m’a profondément ému car je me suis rendu compte que le passage du mode compréhension à celui d’intégration mentale c’est une affaire de déclic individuel, de sensibilité, de capacité à s’émouvoir. Si on ajoute à cela que seuls 5% des gens sont capables d’accepter une idée nouvelle ou encore de reconnaître leurs torts… vu les chiffres rassemblés par Olivier… alors oui nous sommes à 300km/heure et tandis que nous ne disposons que d’un mètre pour freiner, nous décidons d’organiser une réunion le lendemain matin pour discuter de l’intensité du freinage à adopter.
    La situation est tellement absurde qu’elle mérite un éclat de rire car un enfant de grande section percuterait immédiatement!!!
    Avec mon épouse nous avons eu notre déclic en 2006 malgré une sensibilité environnementale pour ma part dès 1984 – j’avais alors 8 ans et je regardais une émission où un scientifique, qui alertait l’opinion sur la catastrophe que nous vivons actuellement, se faisait tancer par un groupe de scientifiques qui le qualifiaient d’illuminé. Il avait beau être seul sur le plateau, ce qu’il exprimait me paraissait évident, frappé au coin du bon sens pour paraphraser Claude Allègre.
    Pour en revenir à l’idée d’un parti politique ou tout autre organisation susceptible de faire bouger les lignes; dans un monde où le comportement des gens est absurde, pour engendrer un changement de comportement il nous faut adopter la même posture. Essayez! Cela fonctionne!!! Coluche était le seul a faire des blagues racistes à mourir de rire sur les juifs tout en remettant les racistes à leur place.
    – Avec mon ami Simon, qui m’a envoyé vers votre blog, on réfléchit dans le vide à trouver une issue… à trouver un moyen d’enclencher un début de prise de conscience auprès de notre entourage, entourage qui se trouve actuellement dans le casino du Titanic. Lorsqu’on a lu le travail d’Olivier ça nous a secoué: nous ne sommes pas seuls! on n’a pas le même niveau de connaissances mais on arrive aux mêmes conclusions!!! Olivier avec son écriture riche et précise a mis de l’ordre dans nos idées!
    Encore merci Olivier!
    Pour info, mon ami Simon est artisan dans le monde merveilleux des énergies renouvelables et pilote une boutique en ligne en équipement de plomberie. Pour ma part je suis gérant d’une petite entreprise de matériaux écologiques et d’une boutique en ligne. J’ai une formation d’ingénieur en agriculture.
    Pour paraphraser Nicolas Sarkozy s’adressant à Obama lors de la crise des subprime:  » nous ne serons pas trop de 4 pour sauver le monde… ».
    Bonne soirée à vous deux et à bientôt peut-être si l’idée de tenter un truc vous séduit!
    Joël

  7. Bonjour Joël et Olivier,
    Joël, ne vous désolez pas, j’ai réagi un peu vivement … C’est que être mis dans le lot de ceux qui seraient pétri de bonnes intentions mais n’arriveraient pas à intégrer la problématique m’a piqué là où ça fait mal !
    Je vous l’ai écrit et le renouvelle : je partage bien le fond de vos propos.
    Je pense cependant qu’il est utile de faire preuve d’une grande modestie quant aux « solutions » et moyens pour sortir par le haut d’une telle situation inédite dans l’histoire de l’humanité (et probablement de la planète. C’est probablement la première fois qu’une espèce menace l’équilibre général, et c’est incroyablement paradoxal quand on la taxe d’être supérieur aux capacités hors du commun …).
    Le monde -et le fonctionnement des sociétés humaines- est extrêmement complexe. L’humain est un virtuose, capable d’incroyables développements, de formidables vrais progrès ! Mais ses châteaux de cartes sont … de cartes. D’une hyper fragilité ! Qu’un vent inhabituel souffle sur ce monde et il s’écroulera dans d’immenses douleurs. Pour tous !
    On le sait, ce vent porte de multiples noms « pénurie énergétique », « pénurie d’eau potable », « désertification des sols », « pollution généralisée », « pathologies environnementales », …, « emballement climatique », « migration massive », … Guerre totale pour tenter de préserver les acquis ou simplement la possibilité de vivre.
    Alors comment éviter l’écroulement de nos châteaux ?
    Premièrement ne pas faire trembler inutilement la table, le socle, les fondements. Mais la secouer assez pour montrer la fragilité des édifices et inviter chacun à comprendre que c’est maintenant ou jamais qu’il faut renforcer de toutes parts, et surtout construire désormais autrement.
    Je veux dire : faire individuellement autant preuve de volonté de changement et d’actes concrets que de compréhension et de pédagogie à l’égard de ceux qui semblent résister, ne pas voir le réel à venir. Dire, expliquer, perspectiver, avertir des risques et enjeux. Mais éviter les recettes-solutions indigestes, voire contre-efficace parce que oublieuses de la complexité du monde. Et puis, et surtout : porter toujours un message d’espoir, de possible. « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». L’Homme est capable du meilleur pourvu qu’il le veuille, qu’il y trouve son épanouissement -même si c’est douloureux !- (Le soldat convaincu se bat avec une formidable efficacité malgré l’horreur et les douleurs : la fin justifie ses moyens ).
    Et là, je rejoins l’idée de votre proposition initiale faite à Olivier : de l’humour intelligent pour éclairer des sujets très lourds. Du rire et sourire pour dire aussi que ce qui est difficile peut être bon à vivre. Ce qui revient d’ailleurs à une invitation à dépasser ses limites. Oui Olivier, si on les dépasse ce ne sont plus des limites; mais les limites de chacun sont celles de la croyance de chacun. Les vrais limites -celles de nos vrais capacités- sont souvent bien au-delà de nos préjugés. Celui qui franchit le seuil qu’il croyait impossible découvre soudainement qu’il peut. D’un coup il grandit en considération de lui-même. Démontrer par l’expérience à quelqu’un qu’il peut laisser sa bagnole au parking et gravir à pied le sentier pourtant raide menant au sommet, c’est lui faire découvrir combien il avait rétrécit son monde … Et pour l’inviter à gravir, on peut lui raconter de joyeuses blagues pleines de malice … et d’intelligence !

  8. Jean-Marie,
    Oui il faut de l’espoir… sauf qu’insidieusement les gens comprennent petit à petit qu’il y a un problème dans l’équation qu’on leur propose. Ils comprennent sans l’exprimer, sans l’intégrer que les mesures prises sont en total décalage avec la trajectoire de notre crash prévisible:
    – Depuis 6 mois on commence à entendre de plus en plus souvent dans les émissions radio TV qu’une partie de l’humanité « pourrait » être rayée de la carte d’ici 2100!!! Aurait-on imaginé dire cela entre amis il y a 2 ans???
    – Révision sans cesse à la hausse des projections d’élévation des océans
    – emballement du réchauffement
    – tensions géopolitiques…
    Alors oui je crois que si nous continuons à dire que nous pouvons régler le problème avec de la pédagogie je crois que les hommes et les femmes qui, graduellement et de plus en plus nombreux sombrerons dans le syndrome de la peur, adopterons une posture qui n’aura plus rien à voir avec le développement durable.
    A contrario, si comme Olivier, on expose simplement la vérité en expliquant ce que nous devons faire pour amortir la chute, alors oui après un moment d’effroi il y aura de l’espoir, et même un certain plaisir à retrouver du sens.
    Si on avait appliqué ce précepte lors du naufrage du Titanic, voilà ce qui aurait pu se passer:
    – des chaloupes exploitées à leur maximum
    – des bateaux/radeaux de fortunes auraient pu être fabriqués avec du mobilier
    – des protections contre le froid auraient pu être confectionnées, distribuées, partagées
    – des brûlots flottants
    – des réserves de nourriture etc… etc…

    Beaucoup de vies auraient pu être sauvées dans la dignité. Beaucoup moins de morts également avec le sentiment pour eux avant de mourir d’avoir accompli un acte héroïque de sacrifice.
    Au lieu de tout cela on a vu une poignée d’hommes et de femmes de pouvoir écraser les plus faibles du pont inférieurs sans qu’on leur laisse une chance d’organiser leur survie….
    C’est exactement ce qui se peaufine à l’horizon… avec l’aide de ceux qui nous disent de ne pas nous inquiéter car nous sommes capable de grandes choses… et peut-être même que Dieu à un moment donné…
    Arrêtons de spéculer!
    On peut faire changer les choses si on se positionne au-dessus des préoccupations individuelles actuelles:
    2000 milliards de déficit et voilà ce qu’on décide:
    – le RSA pour les jeunes? Une mesure comparable sur le Titanic aurait été d’organiser des groupes de personnes pour chanter des berceuses aux enfants paniqués en pleur.

    Si on est un minimum clairvoyant avec le souci de la pérennité dans nos gestes alors on est capable de trouver des solutions pour tous nos problèmes et très simplement.
    Avec un mode de raisonnement comme celui-ci on est ni de gauche (idéologique avec une forme d’individualisme refoulé) ni de droite (individualiste)… on est sage et responsable.
    Que pense-tu de cette posture, Jean-Marie?
    Joël

  9. bonjour
    avec cet humour bien sur , il est possible de se retrouver et partager ces bonnes idées et soifs d action
    -a la coalition climat ts les 1 mois et 1/2
    -sur nddl au comité 85 1 reunion par mois + 2 rassemblements + i 1 débat deja en 2016
    -comité anti tafta
    -attac
    que du bonheur ! banco !?
    http://www.rfi.fr/emission/20160319-1-civilisation-fin-effondrement-crises-financieres-economiques-sociales-environnem
    http://www.rfi.fr/emission/20160123-1-environnement-creuser-forets-petrole-minerais-sable

  10. Bonjour
    Ce billet ainsi que le suivant m’a bouleversé
    En effet, j’avais conscience du fait qu’il faille changer notre mode de vie et de pensée mais je n’imaginais pas l’urgence et ma gravité de la situation
    Avec ma douce nous avions fait le choix de vendre notre maison rénovée pour une passoire thermique en plein coeur d’une ville à taille humaine dans laquelle nous pouvions tout  » faire » à pied
    On a acheté une voiture electrique d’occasion en se disant que c’était moins pire qu’une thermique, on commence à s’impliquer dans la vie locale via AMAP, amicale laique, cinéma bénévole, on essaie de manger bio et de notre jardin….
    Le réseau commence à se monter petit à petit mais en fait,depuis la publication de ce billet, je me rends compte que notre action est surement vaine et en tout cas complètement inadaptée en terme de concessions vis à vis de notre mode de vie même s’il est déja à la marge de celui de la majorité de nos contemporains d’occident.
    Depuis j’ai essayé de recouper les infos concernant le club de Rome et celui de Budapest plus récemment, discuté avec des anciens copains ayant fait des études poussées en biologie, chercher sur le net, et les réponses trouvées sont toujours les mêmes et aussi effrayantes : on va droit au clash, enfin, nous les humains
    Le pire est que meme ceux qui confirment cette analyse ne chantent rien pour autant à leur habitudes
    Est ce que Meadows et son épouse proposent des alternatives où tout est à créer ?
    Je me demande s’il ne faudrait pas carrément fermer ma petite entreprise artisanale pour me consacrer entierement à ces lendemains qui ne m’enchantent pas!
    y a t il d’autres gens que nous qui ont conscience de la gravité de la situation avec qui anticiper de nouveaux modes de vie ?
    Et vous Olivier, cette prise de conscience a t elle changé qqc dans votre quotidien? les gens que vous cotoyez vous prennent ils pour un allumé ?

    1. Bonjour Simon,

      Je ne suis pas sûr que le terme soit adapté mais « heureux » de vous avoir touché. :/

      Est-ce que les Meadows ont proposé des alternatives ?! Cela fait 40 ans qu’ils essaient de convaincre tous ceux qu’ils rencontrent qu’il faut limiter les croissances comme un diabétique doit se mettre au régime pour éviter les complications. Aujourd’hui, Dennis avoue un certain désemparement : « What to do? If I only knew. We come into a period that calls for a dramatic change in practically everything. Unfortunately, changing our society or government system is not done quickly. The current system does not work anyway. It did not stop climate change, or prevent the financial crisis. Governments are trying to solve their problems by printing money, which will almost certainly result in a few years of very high inflation. This is a very dangerous phase. I just know that a person has, whenever he in uncertain times, has the choice between freedom and order, and chooses order. Order is not necessarily right or justice, but life is reasonably safe, and the trains run on time. »

      Il pense qu’il y a deux voies possibles, soit l’éclatement des états en entités plus petites (Lander en Allemagne ou Autonomias en Espagne) soit un pouvoir autoritaire centralisé mais non étatique. Quoiqu’il en soit, la démocratie sera à rude épreuve.

      Je pense qu’on est un certain nombre à être conscients de la situation. Certains s’en fichent, d’autres s’amusent à se faire peur. D’autres encore pensent que la technologie, la science nous sauvera. Mais qui a changé son quotidien ?

      Pour ma part, j’ai le sentiment qu’on marche sur la tête depuis longtemps (depuis la lecture de Jean Dorst il y a 30 ans ^.^). Pour autant, je n’avais pas conscience de l’urgence et de l’ampleur du désastre avant 4 ou 4 ans. Mes dernières lectures ont fini de me convaincre, la civilisation actuelle va s’effriter peu à peu. À bien y regarder, j’ai le sentiment que c’est déjà bien en marche. Au fur et à mesure, je m’intéresse de plus en plus à la low-tech, au DIY (« Do it Yourself ») et à l’agriculture « naturelle ». Le « Crash On Demand » de David Holmgren, co-inventeur de la permaculture, m’interpelle par ailleurs :
       » if 10% of people from the global middle class reduce consumption by 50% and convert 50% of their assets to building household and local community resilience, then the fragile global economic system could crash sooner rather than later. Frightening as this seems, the longer massive economic contraction is delayed the more likely the affects of runaway climate change will eventuate ».

      J’ai de plus en plus envie de me dégager des griffes administratives du travail libéral (« Qui ne rencontre pas ou qui ne s’impose pas de contraintes », c’tte blague :P) pour rejoindre une aventure plus collective avec des entités de taille suffisamment petites pour avoir un influence réelle sur leur territoire. Je serais heureux de rejoindre une collectivité avec des ambitions courageuses mais pragmatiques. Quelqu’un a une place pour moi ?! 🙂

  11. Bonjour Simon, Joël, Olivier,
    Je viens de relire nos échanges … « Dur-dur » ce retour à la réalité après quelques jours de vacances paisibles ..;
    Juste qq mots pour témoigner.
    Comme vous Simon, j’ai passé beaucoup de temps à recouper les propos des uns et des autres après avoir découvert en 2003, presque par hasard, le désastre annoncé. J’ai mis longtemps à y croire tellement le tableau était noir et littéralement incroyable. Il m’arrive encore de douter face à l’attitude du plus grand nombre -et partout dans le monde- à ne rien changer, à poursuivre avec les modèles en place. Même les personnes qui disent leur prise de conscience et souhaitent des changements forts révèlent au quotidien une immense difficulté à mettre en cohérence leurs convictions et leurs actes. Et moi en premier …
    Nous sommes pris dans une formidable mécanique qui tourne encore (c’est vrai : à grands renforts d’énergies et de « lubrifiants » de toutes catégories, dont certains épouvantables en terme d’éthique ou de simple respect de la vie …), qui grince pas suffisamment pour alerter de l’explosion possible. Hors de cette mécanique, de sa formidable puissance nous (occidentaux) sommes plus rien : incapables de nous nourrir, de nous soigner, d’habiter, de rêver, de vivre heureux en toute sobriété. Car, qui peut trouver la force de tout rejeter pendant que les voisins se gavent ? Qui peut trouver les moyens d’une nouvelle vie heureuse et raisonnable sans l’accès à tout ce qui fait -malgré tous les terribles revers de médaille- la richesse de l’humanité dite civilisée ? Nos connaissances scientifiques, nos arts dans tous les domaines, nos technologies, nos capacités d’émerveillement, nos combats pour la vie, etc. sont bien le témoignage d’une immense richesse acquise difficilement dissociable -me semble t-il- du modèle sociétal qui l’a permis ou induit. Dit autrement : comment s’imposer à soi-même un régime drastique, difficile à vivre à maints égards, quand le milieu ne l’oblige pas, et offre une abondance facile ?
    « Le pire est que même ceux qui confirment cette analyse ne chantent rien pour autant à leur habitudes » : c’est ce que je crois aussi ! Mais avoir les capacités de faire l’analyse ne donne pas celles de sortir du système …
    « Je me demande s’il ne faudrait pas carrément fermer ma petite entreprise artisanale pour me consacrer entièrement à ces lendemains qui ne m’enchantent pas! ». Et pour faire quoi ? J’ai moi-même abandonné une activité passionnante et tranquille à tout point de vue pour tenter de participer à ce nouvel élan que je crois vital. Résultat ? Hors du système dominant -de la grande mécanique- il n’y a pas beaucoup de place pour la tranquillité, ni matérielle, ni spirituelle (au sens philosophique).
    « Et vous Olivier, cette prise de conscience a t elle changé qqc dans votre quotidien? les gens que vous cotoyez vous prennent ils pour un allumé ? » Je ne répondrai pas à la place d’Olivier mais peut dire mon propre ressenti : Don Quichotte contre une marée de moulins, « allumé » qui voit le pire partout, imbécile qui perd son temps à décrier la marche du monde alors que la vie est si courte, « fada » qui croit aux oiseaux de malheur et a perdu toute joie de vivre, empêcheur de profiter en rond des joies du moment, pessimiste qui ferait mieux de consulter un bon psy, etc. etc.
    Triste constat, je l’avoue …
    Alors que faire ? J’ai pris mon parti de n’avoir la prétention de n’être qu’une minuscule goutte d’eau qui fait son « travail » du mieux possible (le fameux colibri de Pierre Rabhi pour ceux qui connaissent), qui veut garder l’espoir que témoignage et pédagogie (oui j’y reviens : la pédagogie prétend vouloir instruire les enfants -qu’ils aient 4 ans ou 60 ans d’immaturité !- pour les aider à vivre leur monde) sont indispensables pour éveiller les consciences avant qu’ils ne soient vraiment trop tard (jalon temporel impossible à définir d’ailleurs …), et goutte d’eau qui puise dans l’air du temps ce qu’elle peut pour persister et pèse chaque fois que possible de sa micro-masse pour infléchir positivement le cours des choses.
    Pour moi l’espoir reste le maître mot. Sans lui à quoi bon s’activer ou éveiller les autres. Autour de moi, des personnes disent croire que c’est foutu : à tort ou à raison ça leur donne le prétexte pour profiter un max de tout sans retenue … Donc Espoir, maître mot à condition qu’il s’accompagne d’actions pour le nourrir !

  12. Merci pour les différents articles du blog, à chaque fois c’est super intéressant, pour moi les articles techniques me servent professionnellement tandis que ce type d’article me renforce dans mes convictions. Plus important, ça permet de ne pas se sentir seul dans nos réflexions !

    De mon côté, je suis un militant de la décroissance depuis plusieurs années. Dans le mouvement de la décroissance on a une bonne analyse du système industriel et de la société de consommation. Ce système qui, comme l’ont déjà dit plusieurs personnes dans leurs commentaires, nous entraîne malgré nous, malgré nos convictions à consommer et à vivre au dépend du système industriel. Le même système que nous critiquons, à juste titre, qui pollue, tue , exploite, la nature en général et les humains, spécialement ceux des société « en voie de développement ».

    Je connaissais déjà le modèle de Meadows, mais quand j’ai lu le livre « Effondrement » qui est assez récent j’ai réellement eu le choc de comprendre que notre futur est déjà en grande partie foutu.

    Forcément, suite à ce constat, on est quasiment figé, et souvent dépité, en colère, « effondré » 😉 et puis on revient au quotidien et on continue (heureusement).

    Je crois que, dans mon parcours, la première découverte qui m’a permise de mettre des mots sur mon ressenti et d’analyser la situation plus sereinement est celle de la décroissance.

    La 2ème découverte, qui est très récente donc je n’ai pas encore de recul, mais je pense qu’elle est toute aussi importante, c’est celle de la « résistance écologique radicale » (ou deep green resistance) http://deepgreenresistance.fr/

    Car, comme cela a déjà été dit, ON FAIT QUOI ENSUITE ? Quand on a bien compris cette situation de fou, l’effondrement à venir !

    Avec les mouvement écologique actuel on est souvent déçus des solutions. Surtout, le problème est une absence d’efficacité. Depuis combien de temps le mouvement existe-t-il ? Est-ce qu’il a réussi à sauver des espèces ? A enrayer le désastre écologique ? A engager le changement de société ?

    Pas vraiment, et même pas du tout !

    Avec la décroissance, oui on construit une nouvelle société, oui on change nos habitudes et notre quotidien (simplicité volontaire), mais dans notre coin… (même si l’on essaye de toucher le plus grand nombre). Et encore une fois, cette façon de faire permet-elle de changer radicalement la société ? De stopper les multinationales et les gouvernements dans leurs projets de destruction (CETA, TAFTA, NDDL,…)

    Il y a un grand vide la dessus je trouve. Alors que le temps est compté et qu’il faut agir maintenant ou jamais !
    La résistance écologique radicale (deep green resistance), les écrits de Derrick Jensen, de Vandan Shiva et bien d’autres (Jean-Baptiste Comby) permettent de se mettre au clair la dessus et de revenir aux fondamentaux de l’écologie politique :

    Des changements uniquement individuelles (simplicité volontaire, consomm’action, sobriété …) ne permettront jamais de changer radicalement le système et d’abattre la société industrielle.

    Il faut une véritable stratégie de résistance, au sens d’un véritable mouvement de résistance qui utilise toute une palette de moyens et d’actions et qui ne se limite pas aux changement individuels. Il faut penser en terme de résistance face à une agression, une destruction (celle de centaines de cultures, de peuples autochtones, d’espèces vivantes) et donc une résistance active et radicale.

    Bref je vous invite à aller lire et regarder ce qui se fait autour de ce mouvement. Des textes ont déjà été traduits, des auteurs Français (plutôt anciens) existent (voir la collection de livres « les précurseurs de la décroissance »).

    Une traduction est en cours du livre essentiel de Derrick Jensen (DGR).

    Bonne lecture ! Et au plaisir de débattre sur toutes ces questions…

  13. Bonjour Olivier, Simon, Jean-Marie et Mr Broutchoux
    Je ne sais pas vous, mais après réflexion je trouve cette période formidable. C’est comme si nous étions à la veille de mourir tandis que nous sommes encore en pleine santé. Finalement c’est génial, nous pouvons organiser, emplir ces derniers instants. Ainsi, du jour au lendemain, on peut planter sa boîte, faire un grand voyage, profiter, accomplir nos rêves… afin de pouvoir crier « après cela je peux mourir » !!!!
    Mais il y a un risque majeur. Oui oui !!! Le risque c’est que nous n’avons pas de compte à rebours précis ! Si on est trop en avance, le crédit Agricole peut nous appeler sur notre smartphone tandis que nous nageons dans un lagon avec deux superbes… avec un ami. Votre conseiller vous appelle pour vous signifier cruellement que vous avez dépassé votre plafond du découvert !!! Quel brute épaisse ce banquier! Et vous vous dites que normalement, d’après le compte à rebours théorique à la sauce « Club de Rome » ou encore « Meadows », vous devriez être déjà mort laissant derrière vous votre découvert bancaire et toutes vos ardoises. Et bien non ! Et en plus désormais sans carte bleue, vous ne pourrez même plus prendre une pina colada en terrasse… une fin de vie terrible!!! Surtout que nous sommes le 31/12/2029 et que Meadows vient de nous envoyer un texto nous informant que la fin n’est plus pour 2030 mais 2040 ! L’imposteur !
    Alors quoi faire lorsqu’on ne connaît pas l’échéance précise? Quelle posture adopter ? Suis-je un pilleur des dernières heures ou serais-je le sauveur de l’humanité ? Ni l’un ni l’autre mon capitaine ! En effet, vu les échanges de ce blog tous les participants et peut-être certains curieux se situent dans l’empathie. Donc, on peut s’écarter nous-même de la catégorie « pilleur ». Ensuite, 90 % de la population refuse de se regarder dans la glace et d’admettre l’horreur de l’image perçue : pillage, gaspillage, déni, non respect des générations futures, fatalisme, croyance. Conclusion, si on associe le rejet par la masse aux pentes des courbes ci-avant analysées par Olivier, on ne pourra pas non plus sauver l’humanité et même nos proches.
    La solution ? Montrer la voie !!! Et les réponses on les a exposées à travers ces échanges !!! La résilience, l’anticipation, la préparation, dire la vérité, respecter, se respecter et là je vous le promets on peut s’éclater durant cette fin programmée de notre civilisation ! Fini les placements de retraite, le jogging et les pilules pour vivre plus longtemps. Adieu la futilité, la compétition du machiste, les problèmes de fin de mois, les frustrations matérialistes et bonjour les Robinsons, les chercheurs, les rêveurs, les pragmatiques, les Mac Gyver.
    Olivier tu sembles rechercher un village qui accepterait de t’accueillir. Moi je recherche des gens comme toi qui ont bien compris ce qui se dessine à l’horizon tout en acceptant l’idée qu’on puisse se tromper. Je recherche une équipe d’êtres humains ouverts à toutes les stratégies, les idées, les techniques, pétris de bienveillance. Avec mon épouse nous avons déjà acquis il y a quelques années, un terrain en Corrèze pour nous protéger. En effet nous nous sentions seul au monde surtout après la publication du roman d’anticipation de mon épouse en 2008 qui a généré beaucoup de silence et d’incompréhensions autour de nous. Ce terrain a été acquis dans la précipitation, inquiets et un peu paniqués que nous étions face à l’effondrement perçu au quotidien y compris sur le plan culturel – pourtant dernière étape de ton processus si bien décrit Olivier. Avec du recul, notre choix n’a pas été le bon (orientation, surface insuffisante pour un projet collectif, ressources en eau, absence de compagnon du naufrage annoncé…) et nous réfléchissons à une nouvelle destination. Nous avons pensé en parler à nos amis mais même s’ils semblent commencer à comprendre, ils ne percutent pas, n’intègrent pas et semblent attendre une solution du ciel (dieu, état…). D’autre part je ne recherche pas de participants désireux de se couvrir par une assurance « chaos » en mettant de l’argent dans une option façon scénario 2012.
    Alors Olivier et les autres fous qui participez à ces échanges, seriez-vous prêt à réfléchir à un projet de structure collective via un outil participatif type google drive. Ceci pour poser des idées concrètes (localisation, dimension, techniques, protection, projection…) et pourquoi pas acquérir un bout de terrain en commun en prévision d’y établir nos petites maisons / cabanes passives, nos jardins, nos équipements collectifs, planter des arbres fruitiers, organiser notre survie, réapprendre à vivre sainement dans la décroissance matérielle, l’indépendance, la co-action. En clair, utiliser nos revenus actuels – utiliser le système économique – pour préparer notre arche façon Robinson Crusoé. L’objectif n’est pas de piller mais organiser notre propre sauvetage pour bousculer ceux qui continuent de faire la fête à bord du Titanic… et les inciter à prendre leurs responsabilités. Je pense qu’en nous voyant préparer une chaloupe ils commenceront à se poser des questions concernant le niveau d’eau autour de leur taille. Je ne pense pas qu’il faille quitter nos métiers respectifs car mieux que l’isolement, nous avons le devoir de communiquer, de résister, d’expliquer aux autres, à nos proches ce que nous faisons. Il ne s’agit pas de prendre une chaloupe sans essayer de la remplir de naufragés.
    Concrètement, je suis distributeur de matériaux écologiques, j’ai donc accès à tous les fabricants pour approvisionner à moindre coût un projet si nous n’arrivons pas à exploiter les ressources locales: bois, enduits, isolants, quincaillerie etc… Simon a des compétences en plomberie, électricité, systèmes solaires et distribue lui-même des équipements de plomberie, électricité, solaire (1000 excuses pour cette délation Simon). Pour ma part, de parcours scientifique, j’ai des connaissances en agronomie, en écologie. Je peux donc faire pousser de la vigne pour réchauffer nos longues soirées d’hiver !!!
    Personnellement j’adorerais me retrouver avec d’autres Robinsons durant mes congés pour construire, apprendre, se protéger, anticiper, vivre pleinement et à fonds cette époque extraordinaire qui nous attend. Ma plus grande peur, mon angoisse actuelle… être spectateur de ce que je dénonce depuis plus de 20 ans. Mon plus beau rêve avant de mourir en compagnie de mon épouse et de ceux que j’aime… celui d’être en phase avec mon époque, avec mes idées. Je ne veux pas voir la déception et l’effroi dans les yeux de mes 2 filles.
    Je vous souhaite tous mes vœux pour 2017
    Joël

  14. Bonjour Olivier, et les autres blogger’s.
    Les choses s’emballent… à cette vitesse, je suis stupéfaits!
    Dans ce contexte j’ai sollicité une trentaine de proches par mail il y a maintenant 2 semaine. De cette « balise », nous avons constitué un petit groupe de 6 personnes pour étudier une sortie de secours. Pour info, 3 autres personnes ont répondu sans souhaiter s’investir d’avantage mais les autres… silence.
    Donc avec ce petit groupe, nous travaillons sur le choix d’une région, sur les moyens, sur un timing, sur l’organisation etc… Après une première réunion, nous sommes d’accord (noyau de 3 personnes) sur le diagnostique et la nécessité de se bouger le plus vite possible (2 à 3 ans plus longtemps pour certains) mais nous rencontrons des difficultés. Chacun a son propre cheminement, ses peurs, ses contraintes, ses moyens, une famille. Le but n’est pas de créer forcément un village entre les participants du groupe mais vraiment d’explorer les pistes de chacun afin d’arrêter de paniquer en tergiversant pour être heureux en parvenant à faire.
    On recherche des bonnes idées… des esprits éclairés pour se joindre à nous et explorer les différentes stratégies, y compris celle de se rapprocher d’un groupe existant comme tu l’avais évoquée Olivier.
    Si cela te / vous chante!
    Belle soirée et bonne continuation.
    Joël

    1. Bonsoir Joël,

      On est bien loin l’un de l’autre pour pouvoir initier des actions communes. Mais tenez-nous au courant à l’occasion du devenir de votre groupe. Pour ma part, j’essaie de m’engager tout doucement dans quelque association proche de mon domaine de compétence.

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